Vivez une expérience participative au Living Lab

Laurence Battais, responsable des activités Living Lab au Carrefour numérique², décrypte cette démarche aux confluents de la recherche, de la technologie et des usager·e·s.

Living Lab, Fab Lab, Media Lab, Teaching Lab… j’y perds mon anglais ! Pourrais-tu nous éclairer ?

Un Living Lab s’appuie sur une démarche, ce n’est pas nécessairement un espace qui se visite comme on peut s’y attendre en venant à la Cité des sciences. L’objectif de notre Living Lab est de susciter une collaboration entre des professionnel·le·s du milieu de la recherche, de la création et les publics de la Cité des sciences. Ensemble, ils vont construire des usages, des connaissance ou de futurs services. Ainsi, le·a créateur·trice n’est plus enfermé·e dans sa tour d’ivoire, il ou elle vient confronter ses hypothèses auprès des usager·e·s, représentatif·ve·s de la population. Pour le public généralement curieux, il s’agit de participer activement à la recherche en train de se faire et de l’influencer par sa participation. Cette démarche implique le public dès le début de la conception et le rend acteur des processus de recherche. Ça permet aussi d’appréhender les enjeux sociétaux soulevés par les smartphones ou montres connectées et portées comme lors de la résidence de la designer Émeline Brulé.

Comment cette rencontre est-elle favorisée au Living Lab ?

De deux façons. Premièrement lors d’événements participatifs, par exemples sous la forme de hackathons ou de rencontres originales comme lors de l’événement sur le jeu Minecraft et son usage à l’école. Deuxièmement, grâce à des résidences participatives. Calquées sur le modèle des résidences d’artistes, nous accueillons aussi bien des chercheur·se·s novices, comme la doctorante Émeline Brulé (voir son témoignage ci-dessous) et d’autres plus expérimenté·e·s, comme Gérard Kubryck chercheur qui, bien que retraité, poursuit à nouveau des études cette fois en psychologie. La durée de la résidence dépend du projet, généralement entre un et dix mois. Le Living Lab est aussi ouvert aux startupeurs pour produire de nouveaux usages ou services. Cette démarche qui implique les principaux·ales concerné·e·s, les usager·e·s, réduit les échecs et s’avère bénéfique pour tou·te·s.

Comment frapper à votre porte ? Quels sont vos critères de sélection ?

Nous sommes attentif·ve·s à plusieurs éléments dont l’éthique du projet et les appétences pour l’interaction des porteur·se·s de projet. Du côté éthique, nous regardons par exemple les sources de financement, les enjeux sociétaux et demandons une volonté de partage des connaissances avec les gens ou sous la forme de résultats communiqués avec des données ouvertes. La personne en résidence doit elle aussi être ouverte et accueillante. Et bien sûr, le public doit pouvoir apprendre en participant. Nous misons sur un échange gagnant/gagnant.

Evelyne Jardin


Pour proposer un projet

Présentation du Living Lab du Carrefour numérique².

Voir aussi

Jouons à la démarche Living Lab, sur ce blog.

À lire


Témoignage d’Émeline Brulé, en résidence pendant dix mois au Living Lab

Émeline Brulé est doctorante en design à Télécom Paristech (Université Paris-Saclay), dans les UMR CNRS i3 et LTCI, dirigée par Annie Gentès (Codesign lab) et Gilles Bailly.

Il y a trois ans, je suis venue au Carrefour numérique² pour un hackathon sur le robot Nao. J’ai ensuite fréquenté le Fab Lab où j’ai notamment fabriqué un jeu. Au démarrage de mon doctorat, le Living Lab est logiquement devenu mon terrain de recherche. J’y suis restée presque un an avec deux types d’action menées en collaboration avec Frédéric Valentin, un doctorant de mon laboratoire, parce que je ne conçois pas faire ma thèse en solo ! Pendant un week-end, installés à l’entrée du Carrefour numérique² sur un stand spécialement conçu pour l’occasion, nous proposions aux visiteur·se·s de répondre à un questionnaire sur les objets connectés. Puis, pendant un mois, nous avons animé des ateliers de co-design. Les participant·e·s devaient imaginer quel objet connecté conviendrait à des personnages.

Ces ateliers, continuellement ré-ajustés, nous ont fourni beaucoup de données à partir desquelles je vais formuler mes hypothèses de recherche. Je m’intéresse aux manières dont sont conçus les objets connectés portés (smartphones, montres, lunettes connectées…) et leurs influences dans nos vies. Ma recherche publique, financée par l’Agence Nationale de la Recherche, s’inscrit dans la poursuite de celles déjà menées sur les technologies d’assistance pour les personnes déficientes visuelles (enfants et adultes) dans le cadre du projet Accessimap. Lors d’une soirée crêpes, j’ai présenté ma démarche scientifique au Carrefour numérique² et bientôt, mes résultats seront publiés sous forme d’article scientifique et de données accessibles à tou·te·s, d’ici 2017.


Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Le site "Carrefour numérique², qui veut du rab'?" fonctionne avec WordPress.
Ce site a été développé par Jérémie Cousin à partir du thème Imbalance2.
se connecter