Visite à IndieCade 2017 (1ère partie)

Lundi 30 et mardi 31 octobre 2017 se tenait IndieCade Europe, le festival de jeux indépendants en parallèle de la Paris Game Week. Thierry T. et moi sommes allé·e·s y faire un tour le mardi matin, dans le joli décor du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).

Même si les jeux présentés n’occupaient qu’une salle, j’ai vite réalisé que je n’aurai pas le temps de tout tester ou même voir. Difficile de se décider sur le trajet à faire parmi les trente tables, surtout que je n’avais pas fait mes devoirs très sérieusement et que je ne savais pas ce qui m’attendait.

Enfin si, j’avais repéré deux noms qui résonnaient bien à mes oreilles : Enterre-moi, mon amour, et Hackers of resistance (Hacker·euse·s de la résistance) et j’avais lu le descriptif de ce dernier. J’ai donc cherché où le tester, mais il fallait attendre l’ouverture d’une deuxième salle dédiée aux jeux de plateaux et aux installations.

Je me suis donc tournée vers Enterre-moi, mon amour. Un jeu sur téléphone en temps réel, avec 19 scénarios possibles, où l’on doit aider sa femme à fuir la Syrie. Une très bonne façon de reconnecter à la réalité humaine d’une guerre parfois trop abstraite vue de chez nous. Attention, vous êtes en situation de guerre… Pour y jouer, c’est du côté de chez Arte.

Hackers of resistance

Après ça, la salle était ouverte et j’ai donc pu me précipiter sur Hackers of resistance. On me demande juste un pseudo pour m’inscrire sur la liste, et on me dit de revenir dans 30 minutes. J’en profite pour regarder les autres jeux. Malheureusement toutes les places sont prises, et je ne peux pas participer directement. Sauf pour Busy Work (Travail chargé), qui bénéficie d’une bonne rotation de joueur·se·s. Au début je suis un peu réticente à m’installer dans un box de travail un peu trop criant de vérité, mais c’est un bon défouloir. Le but est de taper un maximum d’e-mail tout en étant interrompu⋅e par son téléphone, une demande de dossier etc. Le mieux pour se rendre compte, c’est de regarder la vidéo.

Enfin, les inscrit·e·s sur la liste sont appelé·e·s pour entrer dans la grotte des hackeuses. Le décor est incroyable, très coloré et pailleté, et plein d’objets à découvrir. Je suis avec un groupe composé de quelques habitué·e·s des escape games, qui ont commencé tout de suite à chercher des indices. En réalité la séance est assez guidée, et on se retrouve dans une ambiance plus proche d’une performance artistique que d’un jeu, grâce au talent de comédiennes des créatrices. L’objectif est de pirater le FBI (rien que ça) et de déchiffrer les fichiers trouvés, le tout sans se faire repérer. On travaille en collaboration, tout en apprenant sur l’histoire de groupes militants partout dans le monde. J’ai été bluffée par l’ambiance « Mr Robot rencontre les GynePunks », moins par le bruit constant (musique, machines, écoutes pirates…) qui m’a empêchée de bien comprendre l’avancée de l’histoire.

En sortant de là, je pensais avoir le temps de jouer aux autres jeux présentés dans la salle, mais il ne restait plus que quelques minutes avant sa fermeture. J’ai donc regardé de loin deux jeux : Democrapcy, un jeu de plateau satirique dont le but est de donner envie aux jeunes suisses d’aller voter. On part avec un personnage défini par sa classe sociale, sa religion et son genre. On peut proposer des lois puis le plateau vient bouleverser tout ça, en imposant une dictature, une votation ou un événement aléatoire, comme changer de personnage. Un coup à se retrouver avec des lois désavantageuses qu’on avait pourtant favorisées au départ pour un précédent personnage.

Le deuxième jeu s’appelle Objectif. Il a été créé en réaction à un article raciste affirmant que les femmes noires sont moins attirantes que les autres (« Why Black Women Are Less Physically Attractive Than Other Races » publié en ligne sur Psychology Today et retiré depuis). Le jeu de carte permet d’aborder les stéréotypes dans un groupe et d’interroger ses propres biais.

Juste avant de partir, j’ai pu observer des gens jouer à Tick Tock, qui a attiré mon regard avec ses graphismes. Il s’agit d’un jeu puzzle en coopération avec écrans séparés, avec un gros fil narratif. Ici on attend sa sortie en septembre 2018 avec impatience, pour pouvoir le tester en animation.

Je suis repartie d’IndieCade avec une idée en tête, qui a tendance à s’installer, d’organiser un petit événement autour des jeux indépendants visant à susciter des réflexions et des débats. Je laisse mûrir et je vous en reparle !

Mélissa Richard


Au fait, qui a gagné ?

  • Prix du public : A guy and his hero
  • Prix media : Do not feed the monkeys
  • Prix développeur·se·s : Bury me my love
  • Prix des nominé·e·s : Vignettes

Voir aussi

IndieCade 2017, vu par Thierry Thibault

1 commentaire

  1. Ad

    Une indie cade au CN2 oui oui oui !!

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