Interview d’Alix, utilisatrice du Fab Lab

Alix vient au Fab Lab depuis quelques mois déjà et s’est très vite liée avec l’équipe du Carrefour Numérique². Très créative, elle a plus d’un projet dans son sac. Voici son portrait !

Alix, est-ce que tu pourrais tout d’abord te présenter et me raconter ta première venue au Fab Lab ?

Je m’appelle Alix Paoli, je suis designer produits et je suis venue pour la première fois au Fab Lab en janvier 2014. En fait, j’ai pris connaissance de ce Fab lab via Internet. Je cherchais à faire le tour de tous les Fab labs de Paris pour voir un peu ce qui se faisait, les machines à disposition pour pouvoir réaliser des projets, faire des maquettes et aussi avoir un espace de travail. J’habite dans un tout petit appartement, j’ai un petit bureau mais ce n’est pas hyper confortable. Du coup j’ai trouvé un site Internet qui répertoriait cinq ou six Fab Labs à Paris. Je me suis dit que j’allais tous les voir. Et je n’en ai fait que deux. C’était de supers expériences et comme je me suis pas mal investie dans les deux, je n’ai pas cherché finalement à en trouver d’autres.

Donc tu connaissais déjà les Fab Labs ?

Avant, j’étais à Strasbourg pour mes études et là-bas un Fab Lab s’est ouvert la dernière année de mes études, en cinquième année. Chez eux j’avais imprimé des choses, j’avais fait de la CNC (NDRL Fraiseuse à commande numérique), des pièces pour mon diplôme. C’était la première fois que je fréquentais un Fab Lab.
Le concept de Fab Lab, je connaissais avant parce que je suis dans le milieu du design mais je n’avais jamais encore pratiqué. J’avais des ateliers dans mon école mais je ne ressentais pas encore le besoin vraiment de faire des choses. En fait j’avais des ateliers qui étaient plus avec des machines, pas mécaniques mais .. genre atelier bois où tu peux coller, fabriquer des meubles, découper, utiliser une scie circulaire, scie à chantourner, scie à ruban, etc. Un atelier métal, un atelier verre où tu peux souffler du verre, bref j’avais pleins d’ateliers très artisanaux mais tout ce qui étaient machines commandées par fichier numérique, je ne connaissais pas du tout. Donc j’ai découvert en cinquième année et j’y suis allée car à un moment donné j’ai dû faire une pièce qui aurait été trop compliquée à la main, ça n’aurait pas été précis, j’aurai mis une semaine. Et là j’ai imprimé en une nuit en 3D et c’était nickel !

Tu fréquentes aussi un autre Fab Lab ?

Oui plus en ce moment mais j’allais souvent au Centquatre. Parce que le client avec qui je bossais les connaît bien. Du coup entre ici et le Centquatre, vu que les heures d’ouverture sont à peu près les mêmes, j’allais entre les deux utiliser leur imprimante 3D. Par contre eux c’est vachement plus petit donc tu ne peux pas avoir un espace de travail vraiment mais l’équipe est super sympa, ils sont tous graphistes designers donc j’étais contente aussi de les rencontrer. Ces deux Fab Labs étaient sur ma liste de Fab Labs à faire. Ce sont les deux premiers que j’ai fait et j’ai accroché donc je n’ai pas cherché plus loin.

Peux-tu nous parler des projets que tu as menés ici ? Et les machines utilisées ?

Alors du plus petit au plus gros :

  • L’impression autocollant (NDRL la découpe imprimante vinyle) pour faire des petits autocollants pour mon filleul de petits animaux marins, pour moi, pour le fun pour essayer !
  • Tout le projet Phonotonic où j’ai fait les premières maquettes en volume pour montrer à mon client, la forme que cela pourrait avoir. Puis des recherches sur le pas de vis et la façon dont on allait fermer l’objet avec l’imprimante 3D.
  • À la découpe laser, j’ai fait aussi des petites maquettes, des petits objets en carton plume pour des démos pour les événements, toujours pour le même client.
  • Là je suis en train de faire une lampe en PMMA pour moi en espérant pouvoir l’éditer par la suite.
  • J’ai aussi fait des présentoirs à la découpe laser pour vendre mes bijoux.
  • Avec la machine à coudre je suis en train de fabriquer des sangles pour mon sac à dos imperméable que j’emmène en Suède pour le kayak.

Dans la vie de tous les jours, es-tu dans la démarche je vais plutôt faire des choses que les acheter ?

Ça dépend quoi… mais souvent oui, si la chose que j’ai envie de fabriquer n’existe pas. Et puis j’adore fabriquer les choses moi-même pour que ce soit sur mesure et que ça réponde à mes envies, puis par le goût du bel objet. Effectivement je suis plutôt du genre à bricoler moi-même qu’acheter… ou alors récupérer des trucs. À Strasbourg, j’étais en colocation et on récupérait des meubles chez Emmaüs que l’on bricolait. On était tous les trois aux arts déco et on avait l’esprit de récupération. En plus on avait pas trop de thunes et on aimait bien car c’est personnel.

Tu as même participé à la Maker Faire au Centquatre en juin dernier avec l’équipe du Carrefour Numérique². On est vraiment dans l’esprit Fab Lab, là ! Peux-tu m’expliquer comment cela s’est fait, et comment tu as vécu cette expérience ?

C’est Olivier (NDRL Olivier Servais, médiateur au Carrefour Numérique²) qui m’a proposé. À l’époque je lui parlais de ma difficulté à trouver des clients ou me faire connaître. Du coup il m’a dit que ce serait une bonne occasion pour toi déjà de venir animer le stand pour expliquer l’expérience utilisateur que tu as et ensuite toi ça te fera connaître des gens et tu pourras parler de ce que tu fais. C’est donnant-donnant. Du coup c’était assez cool, je me suis bien éclatée avec les Makey Makey et les éponges.

Par contre c’était un peu dommage que les gens passent un peu en coup de vent et on n’avait pas assez d’espace. Par exemple, Leroy Merlin, ils avaient un espace de dingue où ils pouvaient poser les gens et faire vraiment des ateliers. Du coup au niveau de l’espace ce n’était pas idéal mais il y avait plein de gens qui étaient hyper intrigués et c’était super intéressant de voir le public qui ne connaît pas du tout, qui s’émerveille de tous ces petits trucs et c’est vrai qu’on oublie vite quand on découvre les choses, l’état d’émerveillement que l’on a au début. C’était assez agréable de voir les gens demander Ah, mais comment ça marche ? Et d’expliquer. Du coup ça permet aussi de revenir au début, de refaire la boucle en arrière pour bien avoir digéré le processus de découverte d’un medium, je trouve. Ce qui était cool aussi c’était d’être avec les gens de Grenoble (NDRL La Casemate), c’est pas mal du tout de mélanger les deux Fab Labs. Moi je les connaissais moins mais vous aviez l’air d’avoir eu des liens à distance et enfin de vous rencontrer…

Le public était assez intéressé et c’est le moment de dire vous pouvez revenir, il n’y a pas que le salon, nous on fait ça toute l’année. Aussi de faire tout le tour et de voir les projets c’était super intéressant.

Un mot pour conclure ?

Je suis trop heureuse qu’il y ait ces lieux-là qui vivent et c’est vraiment top. Et surtout ce que j’aime bien c’est que le public est hyper diversifié et c’est super riche. On ne se retrouve pas tous entre designers produits comme moi. Ici je rencontre des gens qui viennent d’univers complétement différents et qui apportent une vision toujours différente. Pour eux ça va leur paraître évident de faire ça comme ça, toi tu n’y avait pas pensé. Et d’autre part tu vas leur dire un truc et ils vont ouvrir des grands yeux et tu vas dire c’est étonnant, pour moi ça me paraissait évident. Et c’est pour ça que les gens s’entraident vachement plus. C’est pas cloisonné du tout, c’est hyper ouvert c’est cool !

Isabelle Chabanon-Pouget

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