Dans les coulisses : « Lumière augmentée par la danse »

Du 9 au 16 décembre 2017, la salle Living Lab s’est transformé pour accueillir la résidence « Lumière augmentée par la danse », portée par l’artiste-chorégraphe et spécialiste du développement durable Jeanne Bloch et par la chercheuse en innovations technologiques et usages (CNRS, laboratoire Nanosystèmes et Nanotechnologies) Céline Verchère.

L’installation s’est étalée sur plus de la moitié de l’espace, derrière de lourds rideaux qui occultaient la lumière tandis que les visiteur·se·s se voyaient remettre un t-shirt lumineux avant d’entrer dans l’espace plongé dans le noir. Au fond de la pièce une table les attendait sur laquelle étaient posés une dizaine de fruits. Ces derniers, reliés par des fils à une carte Arduino, activaient des bandeaux et des groupes de LED colorées quand on les touchait. Rapidement, les personnes testaient différentes possibilités, touchaient plusieurs fruits simultanément ou bien les mettaient en contact avec d’autres pour déclencher des réactions différentes. Au bout de 5 minutes de jeu, ils ressortaient de l’espace et donnaient à Céline leurs impressions grâce à un questionnaire.

Geste universel

Fondatrice du collectif d’artistes Contemporary Hope Lab, Jeanne Bloch explique comment cette installation, qui est une étape de création d’un spectacle de danse, répond à de multiples logiques : Quand j’ai commencé dans ce métier, j’ai participé à des tournées avec la compagnie de Philippe Genty et nous nous rendions dans des pays comme la Tunisie pour nous produire. C’est à ce moment que j’ai compris que l’on utilisait pour un simple spectacle l’équivalent d’un mois d’électricité pour plusieurs villages. Depuis je me suis intéressée au développement durable et aux économies d’énergie en utilisant des éclairages LED, bien moins consommateurs. Quant aux fruits, elle indique qu’il s’agit surtout d’interpeller les visiteur·se·s et les spectateur·trice·s avec des éléments universels. Peler ou couper un fruit et un légume, c’est le geste le mieux partagé de la planète explique-t-elle.

Valeur d’usage

De son côté, Céline Verchère est surtout intéressée par les valeurs d’usage qui pourraient émerger de cette installation artistique. Je suis habituée à travailler avec des designers qui ont en tête la finalité du produit sur lequel ils travaillent, explique-t-elle. Là c’est complètement l’inverse. L’installation n’a pas de finalité d’usage mais ça interpelle quand même. Les mots qui reviennent souvent quand on interroge les visiteurs c’est « magie », « enfance », « jeu »… ça semble faire remonter pas mal de souvenirs et des émotions de l’enfance.

La résidence, qui s’est déroulée sur deux semaines, servira de support pour le spectacle « Le temple avait des fenêtres obliques », qui sera présenté pour la première fois en octobre 2018.

David-Julien Rahmil

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