Fracture numérique, Le Libre, Études, Loi et politique

Une particularité française : Les Espaces Publics Numériques

Lundi 2 avril 2007, 22:43

EPN
Un certain nombre d’espaces publics numériques ont progressivement été ouverts sur l’ensemble du territoire français ces dernières années. Ils permettent de proposer un dispositif de médiation et d’accompagnement à des personnes en situation de difficulté face à l’envahissement de ces technologies fondamentalement relationnelles.
Ces espaces permettent également d’explorer le développement du numérique qui s’accompagne de plus en plus d’innovations, d’objets de consommation et de transformations nombreuses de toutes les sphères de la vie et du loisir. Ce développement est pourtant très particulier à la France.

La notion de fracture numérique
Ce processus est dynamique, l’explosion des technologies et des offres commerciales met chacun en demeure d’identifier ce qui est important ou accessoire pour lui ou pour ses proches au plan professionnel ou privé.

Malgré l’augmentation réelle du nombre d’ordinateurs installés et de leur interconnexion par Internet ces dernières année, la “fracture numérique” ne se résorbe pas. Cette “fracture” est ressentie de façon rend plus vive car elle détermine la capacité d’intégration sociale.
La fracture numérique définie par Kemly Camacho dans “Enjeux de mots : regards multiculturels sur les sociétés de l’information”. 2005. C & F Éditions porte sur trois aspects :
a) l’infrastructure : possibilité/difficulté de disposer d’ordinateurs connectés…
b) la formation : capacité/difficulté d’utiliser ces technologies.
c) l‘utilisation des ressources : facteurs limitant/permettant l’utilisation par les personnes des moyens disponibles sur le réseau… pour accéder non seulement à l’information, à la connaissance, mais aussi à un nouveau mode d’éducation …..

Données sur les pratiques des français

Cette fracture est confirmée par le CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie) dans son étude de novembre 2006 sur “La diffusion des technologies de l’information dans la société française”.
“En recoupant les informations sur l’utilisation de l’ordinateur au travail et au domicile, on constate que 40% de la population n’est jamais confrontés à l’informatique. Il s’agit principalement des plus de 60 ans, des personnes peu diplômées (83% des non-diplômés et 49% des titulaires d’un Bepc) et des personnes vivant dans un foyer percevant moins de 1 500 Euros mensuels.
Enfin, au-delà de 60 ans, 80 à 95% de la population ne se connectent jamais. C’est aussi le cas de 87% des non-diplômés et de 65% des personnes vivant dans des foyers modestes”.
Wikipedia – Fracture numérique

La forte intervention publique française
La France possède une tradition de forte intervention publique dans les champs culturels et éducatifs. Des organismes d’Etat se mobilisent sur la diffusion de la culture numérique.
Cette volonté de modernisation est partagée par les principaux partis politiques quitte à idéaliser parfois les effets de ce volontarisme.
Les acteurs sont nombreux :
• Plusieurs ministères interviennent dans ce champ (la Culture, l’Education et la Recherche, Jeunesse et Sports).
• Des collectivités territoriales (région, département, communes)
• La commission européenne à travers des programmes sur la e-inclusion
• La Caisse des dépôts et consignation, outil de financement et d’ingénierie de développement du territoire.
Plusieurs réseaux d’espaces publics numériques ont ainsi été mis en place :

Cyber-bases coordonnées par la Caisse des dépôts, (déjà plus de 500)
Espaces Culture Multimédia fédérés par le Ministère de la Culture (plus de 150),
• Espaces NetPublics labellisés par la Délégation aux Usages de l’Internet (plus de 500).

La situation française est particulière
L’Europe du Nord plus égalitaire dispose d’un plus haut niveau d’éducation et d’un développement technologique, il y a moins besoin d’une intervention volontariste de l’Etat. Le système éducatif et les bibliothèques ont su évoluer pour intégrer les nouvelle technologies. Des EPN existent en Belgique Wallonne.
L’Europe du Sud a de plus fortes inégalités sociales, comme en France. Mais elle n’a pas une tradition comparable d’intervention de la puissance publique (ou les moyens de celle-ci). Quelques expériences existent en Espagne et au Portugal avec des fonds européens.
La France se trouve donc dans une situation très intermédiaire. On y détecte des risques de fracture numérique importants et – jusqu’à présent- une volonté d’intervention publique sur un terrain que le marché ne sait pas traiter. Cela compense — mais mal — un retard du système éducatif français sur les usages de l’informatique en classe avec seulement 9 % des élèves de 15 ans qui dans le cadre de l’école utilisent l’ordinateur plusieurs fois par semaine (rapport Eurydice en 2004).

Autre champ d’intervention : l’Afrique. Un réseau de points d’accès publics à l’internet a été créé en Afrique (13 pays sub-sahariens, 60 lieux) dans le cadre du projet ADEN du ministère français des Affaires étrangères. ADEN vise à démocratiser l’accès à Internet, former à l’utilisation des TIC, encourager la production africaine de contenus.
En France ou en Afrique, ces actions s’appuient pour une bonne part sur l’utilisation de logiciels libres (Open source) en complémentarité éventuelle avec celle des logiciels propriétaires.
Espaces Publics Numériques, nous avons du travail devant nous. L’équipe du Carrefour numérique y apporte sa contribution tous les jours.

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2 réponses à “Une particularité française : Les Espaces Publics Numériques”

  1. Oui, le travail pour combler le fossé reste à faire mais qd même en France il y a de réels efforts sur le terrain, quoi qu’en dise un club de réflexion regroupant des dirigeants d‘entreprise et des universitaires gravitant autour de l‘Internet qui vient de s‘immisce dans le débat présidentiel (cf. Renaissance Numérique). Ils posent la question : pourquoi les programmes des candidats n‘intègrent-ils pas les mesures indispensables pour réduire la fracture numérique en France, et comment faire entrer la France de plain-pied dans l’ère du numérique ? Pour faire évoluer les choses, Renaissance numérique propose un livre blanc, avec, à la clé, “15 mesures pour réduire la fracture numérique en France”.
    À noter que le chiffre donné dans ce document sur les espaces Cyber-base n’est pas le bon, et l’analyse sur l’accès public à Internet assez pauvre.

    à lire ici >

    Par Hervé le 2 avril 2007 à 23:47
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  2. A ce sujet, j’ai vu que des blogueurs (sur le site Mémoire-vive) suivent la campagne présidentielles et veulent poser cette question aux candidats :

    “Le temps n’est-il pas venu de lancer une vaste campagne d’initiation aux nouveaux médias, avec l’objectif de faire émerger un nouvel esprit civique et éthique (néthique) ?”.

    J’aimerai bien connaitre leur réponse…

    Par Jessica Linné le 2 avril 2007 à 23:57
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